Thursday 25. April 2019
#221 - Décembre 2018

Synode pour la jeunesse : quelle portée pour les jeunes en Europe ?

Annelien Boone est directrice de la pastorale des jeunes en Flandre et elle représentait les jeunes de toute la Belgique au Synode sur la Jeunesse à Rome. Elle nous parle de son expérience et de l’impact pour les jeunes européens.

En octobre 2018, s’est tenu le synode sur les jeunes, la foi et le discernement vocationnel à Rome. En mars 2018 s’était tenu un pré-synode à Rome. Le Cardinal Baldisseri qui était responsable pour cette rencontre, avait dit : “Cet événement est un événement dans lequel les jeunes sont les acteurs et les protagonistes. Nous ne parlons pas des jeunes, mais avec les jeunes”. Ce pré-synode était une belle chance pour les jeunes de s’exprimer et de dire quels sont leurs besoins et leurs attentes dans la vie. Cela a constitué une base solide pour la suite : le synode du mois d’octobre. Après ces deux « grandes étapes » dans la discussion sur les jeunes et l’Eglise, il est intéressant de réfléchir à ce que cela veut dire pour nous, en Europe. Parce que ce synode n’est pas la fin, mais seulement une étape dans le processus dans lequel nous devons continuer à réfléchir sur ce grand thème.

 

Le rapport des Jeunes à l’institution ecclésiale

 

Quand on regarde les jeunes en Europe, il est intéressant de partir de la réalité d’aujourd’hui. Une étude récente sur la “génération Quoi”  réalisée sur plus d'un million de jeunes de 35 pays entre 18 et 34 ans dresse un autoportrait par des jeunes. Des thèmes, des difficultés et des désirs que les jeunes Européens éprouvent sont précisés dans cette étude. Dans le contexte du synode, il est intéressant de noter les questions sur le thème de la religion. Lorsqu'on pose la question si les jeunes peuvent être heureux sans conviction religieuse, 84% répondent oui. Les relations, les enfants, l'amour, le sexe sont en tout cas beaucoup plus décisifs pour le bonheur des personnes interrogées que la conviction religieuse. De plus, quand les institutions sont évaluées, l’étude montre que les jeunes ont peu de confiance dans les institutions et c’est particulièrement le cas des institutions religieuses (49% disent qu’ils ne leur font pas confiance).

 

Une ouverture au religieux

 

Aujourd’hui nous remarquons vraiment une laïcisation de notre société. Il est clair que les jeunes ne grandissent plus avec l’Eglise. Le Cardinal Jozef De Kesel déclarait récemment à ce propos: "L'Église n'a plus l’ampleur qu'elle avait il y a un demi-siècle. Mais cela ne signifie pas qu'elle périt. Cela signifie seulement que sa position sociale a changé. Ce sera une Eglise plus petite, mais elle sera authentique". Le fait que les jeunes ne grandissent pas dans un contexte religieux offre de nouvelles opportunités. Ils sont très ouverts sur la foi, ils la regardent avec un regard neuf et une grande réceptivité, simplement parce qu'ils en savent peu. Ce qui ne signifie pas qu'ils n'ont pas de préjugés à l'égard de l'Église, qui sont encore vifs dans notre société. Ce n'est que lorsqu'ils peuvent acquérir des expériences concrètes et positives dans l'Eglise que cette image peut être ajustée. La foi en Dieu est étrange pour eux. On pourrait dire : « l'inconnu est mal aimé, la foi est comme un cadeau déballé ». Nous vivons dans une société où la foi chrétienne est inconnue, mais où le défi consiste à faire découvrir quelque chose, en sorte que la foi chrétienne puisse les surprendre!

 

Après ce synode, il est devenu encore plus clair que l'Eglise avait pour mission d’accompagner et de guider les jeunes, et de les accompagner à la façon dont nous le lisons dans l’évangile d’Emmaüs. C’est seulement en écoutant et en accompagnant que l’Eglise peut aider les jeunes à choisir parmi la profusion des choix auxquels ils sont confrontés aujourd'hui et qu’ils peuvent avoir des expériences joyeuses et rencontrer Christ. 

 

Les jeunes cherchent des lieux où ils se sentent bienvenus, où ils se sentent à l’aise, où il y a des points de «référence». “C'est pourquoi il est important de former des communautés chrétiennes vitales, où les jeunes peuvent aussi se sentir bienvenus. Dans ce sens il est aussi important qu'il y ait des chrétiens qui témoignent de leur foi et qui soient disponibles pour des jeunes. Il est important que l'Église offre des expériences aux jeunes. Comme le disait le Pape Benoît XVI, “à l’origine du fait d’être chrétien il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, ce qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive ». Des expériences telles que les Journées Mondiales de la Jeunesse, les pèlerinages, des lieux comme Taizé, comme Lourdes, sont des «moments de conversion» pour de nombreux jeunes, parce qu'ils y font l'expérience qu'ils ne sont pas seuls, qu'il y a Quelqu'un qui les accompagne.

 

Annelien Boone 

Directrice de la pastorale des jeunes en Flandre

 

 

Les opinions exprimées dans europeinfos sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de la COMECE et du Jesuit European Social Centre.

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