Monday 20. May 2019
#218 - Septembre 2018

Pour un nouveau Printemps démographique

« L’hiver démographique est une urgence silencieuse qui concerne tous les pays européens ». Ainsi commence la Résolution pour un printemps démographique adoptée par le Conseil de Présidence de la Fédération européenne des Associations Familiales Catholiques (FAFCE) réuni à Vienne le 12 avril 2018.

Depuis plusieurs décennies l’Europe est le continent le plus touché par un changement démographique généralisé. Comme relevé récemment par Eurostat, « plus de décès que de naissances ont été enregistrés dans l'UE, ce qui signifie que la variation naturelle de la population de l'UE a été négative », seul le solde migratoire compense aujourd’hui le déficit.

 

Les chiffres et les statistiques sur la fertilité parlent d’eux-mêmes. L’évidence des données montre qu’il y a, depuis des décennies, une forte diminution de la fertilité. En partant de ces constats factuels, la FAFCE s’est saisie de la question, sans se limiter à une prise de position de principes.

 

Pour un ordre social favorable à la famille

 

La Commission européenne analyse « l’influence probable du vieillissement des populations sur les dépenses publiques ». Les problèmes financiers s’imposent. Mais qu’exprime une société qui ne se renouvelle plus dans la succession des générations ?

 

En 2017 a été adopté le Socle européen des droits sociaux, un texte au poids symbolique important. La FAFCE a tenu, lors de la Consultation publique lancée par la Commission européenne, à souligner les défis de l’équilibre de la vie de travail, du vieillissement de la population et du chômage. Le Socle rappelle que « les parents et les personnes ayant des responsabilités familiales ont droit à des congés appropriés, à des régimes de travail flexibles et à un accès à des services de garde d’enfants… ».

 

Ceci revient à admettre que la famille, en tant que telle, a des droits liés à ses responsabilités, comme l’affirme la Charte des droits de la famille : « Les familles ont droit à un ordre social et économique dans lequel l'organisation du travail soit telle qu'elle rende possible à ses membres de vivre ensemble, et ne pose pas d'obstacle à l'unité, au bien-être, à la santé et à la stabilité de la famille… ».

 

 

Le rôle de l’Union européenne

Au sein de l’UE, les politiques familiales relèvent de la compétence de chaque Etat Membre et les membres de la FAFCE agissent au niveau national : c’est ce qui légitime sa capacité de représenter les familles européennes.

 

Cependant, l’UE pourrait influencer positivement une culture favorable à la famille et, par conséquent, à un Printemps démographique. Par exemple avec la proposition législative sur l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle: le focus devrait être sur le bien être de l’enfant et des plus faibles de nos sociétés, plus que sur la carrière. Souhaitons que les négociations interinstitutionnelles qui devraient commencer cet automne aillent dans ce sens.

 

La FAFCE souhaite une société qui place au centre la personne et sa famille, tenant compte des nouvelles formes de travail suscitées par l'essor de l'économie numérique. Dans ce cadre s’inscrit aussi le travail de l’Alliance européenne du dimanche.

 

Au fond, toute décision politique prise au niveau européen peut avoir des conséquences sur la démographie. Le Comité Economique et Social Européen, dans un avis intitulé « Politique familiale et changement démographique », a affirmé que : « Dans l'état démographique actuel de l'Union européenne, il est fort important de discerner les incidences des politiques menées sur les niveaux de fécondité ». Voici un défi auquel la prochaine Commission européenne devrait répondre si elle veut agir pour l’avenir de notre continent : évaluer l’impact sur la famille de chaque nouvelle proposition législative (« family mainstreaming »).

 

En outre, les institutions européennes sont un cadre idéal pour le partage de bonnes pratiques : politique de logement, accès au crédit, systèmes de retraites... Ce ne sont qu’une partie des domaines couverts par une politique familiale durable qui apporte une réponse à long terme aux défis démographiques.

 

A la base de ce débat, nous ne pouvons pas négliger le rôle de ce que le Pape François a dénoncé comme une culture individualiste qui a une très grande influence sur les choix de vie personnels et les comportements sociaux  « dans une logique qui pousse au repli sur soi, tels Narcisse dans la mythologie ».

 

Il est urgent de réaffirmer la place unique, fondamentale et irremplaçable de la famille dans la société, en faveur du véritable développement des peuples. Car, finalement, « l’ouverture à la vie est au centre du vrai développement» (Caritas in Veritate, 28).

 

En vue des prochaines élections européennes, répondons aux énormes défis démographiques en appelant l’Europe à la vie : « Quand nous sommes capables de dépasser l’individualisme, un autre style de vie peut réellement se développer et un changement important devient possible dans la société » (Laudato Si’, 208).

 

Antoine Renard

Président de la FAFCE

 

Les opinions exprimées dans europeinfos sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de la COMECE et du Jesuit European Social Centre.

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