Mittwoch 20. März 2019
#221 - Décembre 2018

Pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique : les attentes à l’égard de leur future relation avec l’Union européenne

En juin 2018, le Conseil de l’Union européenne a adopté le mandat de négociation du futur accord entre les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne. Patrick I. Gomes, Secrétaire Général du Groupe ACP, fait part à Europe-infos de ce qu’il attend des négociations.

Les relations entre l’Union européenne et les pays ACP remontent à loin. Ce partenariat politique et économique tout à fait unique entre 79 pays en développement et les 28 Etats membres de l’Union est devenu un projet de collaboration de référence entre des pays de l’hémisphère Sud et le plus important bloc commercial du monde occidental.

 

Depuis la première Convention de Lomé en 1975, qui était un accord juridiquement contraignant en matière de commerce, d’aide au développement et d’engagement politique, les quatre décennies de coopération ont désormais abouti à un stade de renouvellement et de transformation. L’Accord de Partenariat ACP-UE actuellement en vigueur, qui a été signé en 2000 à Cotonou, Bénin, a été conclu pour une période de 20 ans et expire en février 2020. Les 107 pays concernés dans les hémisphères Nord-Sud ont maintenant entamé les négociations au sujet de l’Accord qui lui succédera après l’échéance de février 2020.

 

La vision et les valeurs du Groupe ACP

 

Selon la vision du Groupe ACP qui a été adoptée dans son document politique cadre, Vers l’ACP que nous souhaitons, il s’agit de "se positionner comme une organisation transcontinentale de premier plan œuvrant pour l’amélioration des niveaux de vie de nos populations, à travers la solidarité ainsi que la coopération Sud-Sud et Nord-Sud". La mission du Groupe ACP est "d’accélérer le progrès politique, économique et social de nos populations par la bonne gouvernance, l’éradication de la pauvreté, le commerce, le développement durable et une intégration équitable des Etats ACP dans l’économie mondiale".

 

Les valeurs fondamentales qui soutiennent notre vision et notre mission sont la solidarité, la paix & la sécurité, la bonne gouvernance, l’Etat de droit, la justice sociale et l’unité dans la diversité. On peut donc parler de valeurs partagées avec l’Europe. Il y aura indubitablement des différences liées à la manière de percevoir les problèmes, leur signification et leurs conséquences en matière de droits de l’homme, de respect de la liberté d’expression et d’Etat de droit. A l’appui de ces valeurs, il y a aussi les valeurs communes de la dignité humaine, de l’égalité et du respect mutuel.

 

 

Le principe et l’objectif essentiels des pays ACP

 

Le principe directeur des négociations est la recherche d’un Accord unique qui soit juridiquement contraignant, équitable et équilibré. Le futur Accord doit maintenir et développer l’acquis de l’Accord de Cotonou. Pour ce faire, il faut un cadre de négociation unique et un engagement également unique, reposant sur l’égalité et le respect mutuel, la solidarité et l’appropriation du processus de développement par les Parties. Il faut aussi un dialogue politique et économique.

 

Notre principal objectif est d’une part la réduction et - à terme - l’éradication de la pauvreté, conformément aux objectifs du développement durable qui doivent même être dépassés, et d’autre part l’intégration progressive des pays ACP dans l’économie mondiale.

 

Trois piliers thématiques stratégiques

 

Pour atteindre ces objectifs, les pays ACP ont organisé l’essentiel de leurs préoccupations de fond autour de trois piliers stratégiques qui s’appuient sur les secteurs suivants : le commerce, considéré à l’heure actuelle comme étant intégralement lié à l’investissement, à l’industrialisation et aux services ; la coopération au développement dont l’axe sera l’aide ainsi que les programmes relatifs aux sciences, à la technologie, à la recherche et à l’innovation ; enfin, le dialogue politique et le travail de plaidoyer et d’interpellation.

 

A notre avis, c’est la condition préalable essentielle pour établir des relations économiques et sociales radicalement nouvelles entre l’économie des pays en développement et l’économie des pays développés, relations sans lesquelles le développement n’aura pas lieu. En fait, l’expansion rapide de la mondialisation et la création d’une nouvelle répartition internationale du travail a créé des inégalités excessives entre la petite minorité de ceux qui détiennent la richesse du monde et la grande masse des travailleurs (employés de la classe moyenne dans le secteur des services et ouvriers) et le nombre élevé de chômeurs, principalement des jeunes et des femmes.

 

Il ne faut pas perdre de vue dans le texte du futur Accord la préoccupation centrale du développement durable et solidaire (équitable) de nos sociétés. Ceci implique l’éradication de la pauvreté, en accord avec l’objectif n°1 de développement durable (SDG 1) qui parle de mettre fin à la pauvreté en tous lieux et sous toutes ses formes.

 

La mobilisation potentielle des forces du Groupe des 79 pays ACP venant se joindre à celles des 28 Etats membres de l’Union européenne (avant le retrait du Royaume-Uni) doit aussi se faire au niveau international. C’est ainsi que l’on pourra faire progresser un ordre mondial fondé sur des règles en lançant un appel crucial aux réformes auprès des Nations Unies et de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), par exemple en veillant à la conclusion de l’Agenda de Doha pour le développement.

 

Au sein du Groupe ACP, les acteurs non étatiques ont toujours participé de façon très bénéfique à nos programmes. Cette expérience enrichissante doit certainement être mise à profit pour renforcer la capacité des organisations de foi à conjuguer leurs efforts pour contribuer à relever les énormes défis liés à l’établissement d’un ordre mondial. C’est ainsi, par exemple, que l’objectif de "l’accès à la justice" (SDG 16) et d’autres objectifs de développement durable pourront être effectivement intégrés au sein de l’unique Partenariat ACP-UE après 2020.

 

Patrick I. Gomes

Secrétaire Général du Groupe des Etats ACP

 

Version originale de l’article : anglais

 

Les opinions exprimées dans europeinfos sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de la COMECE et du Jesuit European Social Centre.

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