Dienstag 26. September 2017

Pactes pour la migration et sur les réfugiés, engagement européen: en valent-ils la peine?

L'adoption par les Nations Unies de la Déclaration de New York sur la gestion des déplacements massifs de réfugiés et de migrants a lancé un nouveau processus de négociation de deux Pactes d'ici 2018.

 

 

Faut-il que l'Union européenne et l'Eglise participent à la préparation de ces Pactes? Mgr Robert J. Vitillo, Secrétaire Général de la Commission internationale catholique pour les migrations, nous fait part de son opinion.

 

 

Résultats concrets prévus par le Sommet des Nations Unies

Lors du Sommet de septembre 2016, les Etats membres de l’Assemblée générale des Nations Unies - y compris les Etats membres de l'Union européenne - ont dégagé un consensus en faveur de l’approbation d’un document politique, la «Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants».

 

Ils ont ainsi témoigné de leur profonde solidarité à l'égard des millions de personnes qui sont forcées de se déraciner de leur pays natal. Ils ont décrit les défis migratoires d'aujourd'hui comme étant de nature «avant tout morale et humanitaire»; ils ont également promis de «sauver des vies».

 

Ils ont reconnu la responsabilité partagée qui leur incombe, de gérer les déplacements massifs de réfugiés et de migrants avec humanité, sensibilité et compassion, tout en veillant à garder une approche centrée sur les personnes. Ils se sont mis d’accord pour remplir leur devoir à travers un à une «coopération internationale». En outre, ils ont voulu témoigner de leur détermination à accorder leurs actes à leurs paroles.

 

En effet, ils se sont engagés à élaborer tout au long de 2017 et de 2018 un «Pacte mondial sur les réfugiés» (reposant sur le «Cadre d'action global pour les réfugiés», demandé instamment dans la Déclaration) ainsi qu'un «Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières».

 

Les pays de l'Union européenne devraient-ils participer à la préparation de ces Pactes ?

Lorsque le pape François a reçu les Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne à l'occasion du 60ème anniversaire de la signature du Traité de Rome, il les a interpellés en ces termes: «On ne peut pas comprendre le temps que nous vivons sans le passé, compris non pas comme un ensemble de faits lointains, mais comme la sève vitale qui irrigue le présent». Personnellement, je suis fils de l'émigration européenne (mes grands-parents ont quitté une Italie du sud rurale et pauvre à la fin du 19ème siècle).

 

Désormais immigré autant en Italie qu’en Suisse, je suis convaincu que les gouvernements des pays de l'Union européenne, et les hommes de foi et de bonne volonté qui y vivent, doivent modeler leurs réactions actuelles à l'égard des migrants forcés sur les leçons forgées par la mémoire historique. Nous devons rester bien conscients de ce qui a motivé les migrations et les flux de réfugiés depuis des temps immémoriaux: les menaces de persécutions, la violence et la guerre; l’extrême pauvreté et les injustices structurelles; ou les conditions de vie dans des «Etats faillis».

 

Au fil des siècles, l'Europe aussi a fait l'expérience directe de telles situations tragiques, et ses peuples ont donc recherché la protection, l'asile et une réinstallation définitive dans des pays d'accueil à travers le monde. S'engager dans des processus de préparation de Pactes pour les migrations et sur les réfugiés, c’est pour les Européens un Kairos. C’est l’occasion d’aider à façonner l'avenir des migrations en construisant des ponts plutôt que des murs, comme le pape François y exhorte si souvent.

 

Ma propre organisation, la Commission internationale catholique pour les migrations (CICM), et plus particulièrement son bureau de Bruxelles, est engagée depuis longtemps dans deux initiatives spécifiques issues des réseaux de la société civile. Elles pourraient avoir un grand intérêt pour les gouvernements des pays de l'Union européenne et autres organismes à la manœuvre pour l’élaboration des Pactes.

 

Il s'agit de l'initiative MADE (Réseau «Migration et développement» de la société civile) et de l'initiative SHARE (réseau de villes, de régions et d'acteurs locaux, y compris d'ONG, d'Eglises et autres organisations confessionnelles), qui se sont toutes deux engagées à offrir une protection et un accueil aux réfugiés réinstallés en Europe.

 

L’Eglise, va-t-elle s'engager dans ce processus?

En de nombreuses occasions, tant en paroles qu'en actes (notamment le parrainage de réfugiés à la Cité du Vatican), le pape François a exprimé «une préoccupation particulière pour la nature forcée de nombreux flux migratoires contemporains, qui augmente les défis à la communauté politique, à la société civile et à l’Eglise et qui exige que l’on réponde de façon encore plus urgente à ces défis de manière coordonnée et efficace».

 

Face à ces préoccupations, le pape François a demandé à la hiérarchie catholique ainsi qu'aux congrégations religieuses, aux organisations catholiques et aux laïcs catholiques engagés de s’impliquer. Il s’agit de participer activement à la préparation de ces deux Pactes mondiaux, dans tous les pays, et ce au niveau international, national et local. Le pape a chargé la nouvelle section «Migrants et réfugiés» du Dicastère pour le service du développement humain intégral de convoquer les représentants de ces groupes pour recueillir des recommandations pratiques et concrètes en vue de l'élaboration des Pactes.

 

Cette section a résumé toutes les recommandations en un document intitulé Répondre aux réfugiés et aux migrants en 20 mesures. C’est un outil de plaidoyer précieux pour ceux qui sont engagés dans les processus d’élaboration des pactes. Ces mesures sont regroupées sous la forme d’une véritable feuille de route globale sur le traitement des réfugiés et des migrants. Le pape François y revient souvent:

  1. AccueillirAugmenter le nombre d'itinéraires sûrs et légaux pour les migrants et les réfugiés;
  2. ProtégerDéfendre les droits et la dignité des migrants et des réfugiés;
  3. PromouvoirFavoriser le développement humain intégral des migrants et des réfugiés;
  4. IntégrerFaire davantage participer les migrants et les réfugiés pour enrichir les communautés locales.

Je conclurai par un appel vibrant du pape: «Je crois que conjuguer ces quatre verbes, à la première personne du singulier et à la première personne du pluriel, représente aujourd’hui un devoir, un devoir à l’égard de frères et sœurs qui, pour des raisons diverses, sont forcés de quitter leur lieu d’origine: un devoir de justice, de civilisation et de solidarité».

 

Mgr Robert J. Vitillo

Commission internationale catholique pour les migrations

 

Version originale de l’article: anglais

 

Les opinions exprimées dans europeinfos sontcelles des auteurs et ne reflètent pas nécessairementcelles de la COMECE et du Jesuit European Social Centre.

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Agenda

> 17 juillet
Présentation par la Commission Européenne de son examen annuel des développements en matière de questions sociales et d'emploi en Europe. L’édition 2017 se concentrera sur la question de l’égalité intergénérationnelle.
 
> 24 juillet
Réunion du Conseil pour les affaires économiques et financière (ECOFIN) qui rassemblera les ministres des affaires économiques et des finances des Etats membres de l’UE. Les politiques économiques de l’UE, la taxation et la réglementation des services financiers seront les principales questions à l’ordre du jour.
 
> 17-18 juillet
Réunion du Conseil pour l’agriculture et la pêche à Bruxelles. Les ministres européens en charge de la pêche et de l’agriculture y discuteront des questions relatives à leurs domaines de compétence et notamment de la sécurité alimentaire, de la santé et du bien-être animal mais aussi de la santé végétale.
 
> 31 juillet – 11 août
Fermeture annuelle du siège de la COMECE à Bruxelles.
 
> 28 – 31 août
Réunion des commissions du Parlement Européen afin de préparer le travail législatif en vue de la session plénière du Parlement.

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