Dienstag 16. Oktober 2018
#219 - Octobre 2018

Le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale

Le 11 novembre 1918, après plus de quatre années de guerre, les représentants du Reich allemand, de la France et de la Grande-Bretagne signèrent un accord de cessez-le-feu dans un wagon de train dans la forêt de Compiègne.

La fin tant attendue de la Première Guerre mondiale, conflit qui coûta la vie à environ 17 millions de soldats et de civils et qui avait plongé l’Europe et le monde dans la souffrance, était enfin arrivée. Mais le cessez-le-feu et le traité de paix de Versailles n’aboutirent finalement qu’à une paix fragile. Le Pape Benoît XV rappela d’ailleurs en 1920 que « l’on n’a pas extirpé les germes des anciennes discordes » et que « les haines et les inimitiés entre les peuples » ne sont point apaisées (Encyclique Pacem, Dei Munus Pulcherrimum). Il fut effectivement impossible de stabiliser l’ordre entre les Etats européens. Près de vingt ans après, le monde sombra à nouveau dans la catastrophe.

 

Ce n’est qu’après la Seconde Guerre mondiale, soit après deux conflits, que l’on réussit à éradiquer la guerre de la plupart des territoires européens. Une réelle paix put s’établir et les pays européens, dont les soldats venaient de s’affronter dans les tranchées, commencèrent à s’unir de plus en plus pour devenir un espace économique et culturel commun. C’est ainsi que naquit l’idée de l’intégration européenne, un outil de ce projet de paix : des ennemis jurés sont devenus des amis proches. Ces relations d’amitié, qu’elle soit franco-allemande ou germano-polonaise, trouvent aujourd’hui leur expression dans les programmes d’échanges et dans la compréhension mutuelle.

 

Cette paix qui dure maintenant depuis des décennies nous semble parfois aller de soi, même si nombre de guerres et de conflits sévissent en ce moment-même dans le monde. Ceux qui ont vécu la dernière guerre d’Europe centrale et peuvent en témoigner s’éteignent au fil des années. Rares sont ceux qui peuvent aujourd’hui nous décrire les souffrances et douleurs de cette guerre, ces maux qui n’ont pas de commune mesure avec le malaise et l’insatisfaction ressentis à notre époque. Les commémorations de l’armistice nous invitent à ne pas nous laisser bercer par une sécurité trompeuse, à ne pas minimiser les conflits guerriers et à se rappeler à quel point la paix est précieuse. Dans ce contexte, les débats actuels et la façon dont ils sont menés doivent nous faire réfléchir. Au moment où la modernisation fait apparaître des processus, tels la numérisation et la mondialisation, qui exercent sur les citoyens une pression – accompagnée d’une peur – du changement, on observe une perte de confiance générale envers les institutions démocratiques. Le nationalisme et le populisme connaissent une nouvelle recrudescence, le projet européen séduit de moins en moins, le langage devient de plus en plus cru, l'indifférence gagne du terrain. La paix est à nouveau en danger, et ce à de nombreux égards.

 

C’est pourquoi nous devons quotidiennement agir pour garantir la paix et la préserver ; nous devons combattre le nationalisme exacerbé. Pour cela, nous avons besoin de repenser l’Europe et le Bien commun européen. Ce n’est que lorsque le bien commun de l’ensemble de la société est placé devant les intérêts particuliers et individuels, lorsque la solidarité au sein de la société est renforcée et lorsque priment la dignité, l’équité et la prospérité pour tous, que la sécurité et la paix peuvent être renforcées et préservées durablement. De même, les autres grands défis que sont le changement climatique, la migration et le commerce international ne pourront être relevés que si nous assumons la solidarité qui nous lie.

 

Après la Première Guerre mondiale, l’Eglise catholique s’est impliquée à maintes reprises pour la paix et l’entente entre les peuples. Aujourd’hui encore, l’Eglise constate quotidiennement qu’il est de son ressort et que c’est une chance de pouvoir participer au projet de paix qu’est l’Europe et à la paix dans le monde. Cela implique non seulement de promouvoir la paix, mais aussi de proposer des voies concrètes qui peuvent nous y mener. A une époque empreinte de peur et de découragement, l’Eglise a le devoir d’avancer avec confiance et optimisme et de s’engager pour la paix et l’équité.

 

 

Mgr Franz-Josef Overbeck

Evêque de Essen et évêque aux Armées Vice-président de la COMECE

 

Version originale de l’article : allemand

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