Thursday 19. September 2019

Élire un nouveau Parlement européen

Du 23 au 26 mai 2019, les citoyennes et citoyens de l’Union européenne sont appelés aux urnes pour élire un nouveau Parlement européen.

La plupart d’entre eux n’aura sans doute pas à l’esprit que la première élection des députés européens au suffrage direct remonte déjà à quarante ans. Le 1er juillet 2019, le Parlement européen entamera ainsi sa 9ème période de session.

 

Depuis 1979, le nombre de parlementaires européens a augmenté pour passer de 434 à 751 en 2019, et les défis qu’ils rencontrent, les tâches qu’ils doivent accomplir, sont devenus plus nombreux et plus complexes. Cela s’explique entre autres par les compétences élargies qui ont été attribuées au Parlement européen par le Traité de Lisbonne. En effet, il est désormais co-législateur dans la plupart des domaines même s’il ne dispose toujours pas d’un levier important, à savoir d’un réel droit d’initiative.

 

Une fois le nouveau parlement constitué en juillet, les parlementaires auront pour première tâche de procéder aux auditions et à la nomination des candidats à la Commission européenne, y compris des candidats à sa présidence. Des jalons importants de la politique de l’UE seront ainsi posés pour les cinq prochaines années. Même si l’on parle beaucoup des candidats de tête de liste (Spitzenkandidaten), il n’est pas encore complètement certain que le candidat de tête de liste du plus grand groupe du Parlement européen devienne le prochain président de la Commission. Tout porte à croire que le paysage politique sera encore plus morcelé après les élections. Cela signifie aussi que la coalition existant aujourd’hui de fait entre les chrétiens démocrates et les socio-démocrates ne disposera plus d’une majorité et aura besoin d’un voire de plusieurs partenaires. Les cartes vont ainsi être redistribuées avant la nomination des postes les plus importants, à savoir du président de la Commission et du Parlement, puis, à la fin de l’année, du président du Conseil européen.

 

Outre la question de savoir quelle sera la stratégie adoptée par la nouvelle gouvernance de l’Union européenne pour les grands défis politiques à venir qui seront à relever ces prochaines années, du budget pluriannuel à la politique agricole commune, se pose une question bien plus fondamentale encore : celle d’une vision pour l’Union européenne, une vision qui ose penser à moyen terme et est en mesure de « penser de manière transversale » et de considérer les différents domaines politiques à partir d’une seule et même perspective. Les politiques du climat, de l’industrie et du commerce international, de l’agriculture et de l’environnement, de la migration et du travail, de l’énergie et du transport sont étroitement liées et doivent être « pensées ensemble ». Le prochain Parlement, la prochaine Commission européenne compteront-t-ils des membres disposant des qualités suffisantes pour réaliser cette « pensée de l’ensemble et de l’interaction » ? Seront-ils capables d’envisager un « changement profond », « une nouvelle orientation » ? Une discussion sur le « devenir de l’Europe », sur son avenir dans un « monde en plein bouleversement » sera-t-elle possible ?

 

Il ne fait pas de doute que les décideurs politiques et les fonctionnaires doivent disposer de connaissances et de compétences techniques suffisantes pour exercer leurs fonctions. Cependant, la compétence ne se limite pas au savoir technique et va bien plus loin. Deux articles de cette édition d’Europeinfos évoquent justement d’autres compétences : l’intégrité, l’authenticité, l’humilité, la largesse d’esprit, la compassion et la capacité à « initier des processus (du renouvellement) plutôt que de posséder des espaces (consolidés) » (Pape François, Evangelii Gaudium 223). Il serait souhaitable que les nouveaux responsables possèdent ces compétences ou les développent au cours de leur mandat autant que possible, et ce dans le but de créer une Europe « de l’avenir et qui serve à nos petits-enfants », une Europe consciente de ses responsabilités, envers elle-même mais aussi envers le reste du monde.

 

Après avoir siégé 39 ans, un député du Parlement européen ne se représentera pas cette année ! Il dispose non seulement de toutes les connaissances nécessaires en politique, mais aussi d’une clairvoyance politique indispensable. Et surtout, il a toujours été là quand la COMECE avait besoin de lui. Nous tenons à remercier Elmar Brock pour tout ce qu’il a apporté à l’intégration européenne !

Michael Kuhn,

COMECE

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