Donnerstag 27. Juli 2017

La Conférence des Nations Unies sur les Océans: étape importante de l’humanité en marche

Quand on regarde la mer, on voit des vagues, des jeux de lumière et de couleur. On est pris par la démesure de l’océan: 70,8% de la surface de notre planète est recouverte d’océan. Mais en dessous de cette surface, il y a un volume extraordinaire d’une profondeur moyenne de 3,7 kilomètres. Le volume bio-habitable de l’océan est 300 fois supérieur à celui des habitats terrestres. Immensité.

La connaissance de l’océan reste encore très lacunaire. On connait mieux le relief de la lune que celui des fonds marins. On estime que 91% de la vie océanique reste à découvrir. Ignorance.

 

On a longtemps cru, ou voulu croire, que les effets de l’action humaine se dilueraient dans l’immensité de l’environnement marin. Désillusion.

 

Le réveil collectif est lent. Au fur et à mesure que les catastrophes s’accumulent, l’humanité prend conscience des effets de son inconscience. Ce n’est qu’après la quasi éradication des baleines dans l’Atlantique Nord que la communauté internationale fait aboutir la Commission baleinière internationale (1948).

 

L’histoire se répète avec les marées noires et avec tant d’autres formes de surexploitation. Avec beaucoup de recul, l’humanité apprend petit à petit à se comporter en adulte vis-à-vis de l’océan; c’est un processus lent et fastidieux et l’humanité n’avance pas en ligne droite. L’encyclique Laudato Si’ pose la question «Qui a transformé le merveilleux monde marin en cimetières sous-marins dépourvus de vie et de couleurs?» (LS41). Temps de la relecture.

 

Sur le plan épistémologique, nous assistons depuis 1950 à l’émergence et à la construction de la science océanographique dans toute sa complexité pluridisciplinaire.

 

Sur le plan économique, l’exploitation à outrance, magistralement filmée par Yann Arthus-Bertrand (Planète Océan – 2012), n’est plus le modèle à suivre. Des voix alternatives se lèvent. Les aires marines protégées pourraient constituer 10% de l’océan d’ici 2020 (en 1993, c’était encore 0,3%), l’immense majorité se situant dans les eaux sous juridictions nationales.

 

Sur le plan réglementaire, les Nations Unies ont mis 30 ans à négocier la Convention sur le droit de la mer (Montego Bay – 1982) et les diplomates visent à compléter ce dispositif là où il fait le plus défaut: dans la gestion des hautes mers.

 

Sur le plan du vivre ensemble, l’accès et le partage des ressources de la mer cristallise de fortes tensions entre intérêts particuliers; gérer ces tensions avec justice et en recherchant le bien commun constitue un immense défi.

 

Sur le plan ontologique, de plus en plus de voix évoquent un autre rapport à l’océan. Nous sommes à la fois membres et intendants de la création. Et l’océan est la source de la vie sur terre. Notre responsabilité vis-à-vis de l’océan découle de notre condition humaine.

 

Action

Du 5 au 9 juin 2017 s’est déroulé à New York la toute première Conférence des Nations Unies sur les Océans. Les avis concordent pour qualifier ce sommet de tournant majeur dans la mobilisation de la communauté internationale. La Conférence a accouché de 1328 engagements: 603 par les gouvernements, 375 par des acteurs de la société civile, 166 par des acteurs liés au Système des Nations Unies, 73 par le secteur privé, 63 par des acteurs scientifiques et 46 par des partenariats. La prochaine conférence de ce type devra avoir lieu en 2020 au Portugal ou au Kenya.

 

Éparpillement de mesures? Oui et non. Les biotopes océaniques subissent une addition de stress: acidification de l’eau, réchauffement climatique, désoxygénation, pollutions plastiques et chimiques, prolifération de bactéries exogènes par les eaux de ballast des grands navires, surpêche, dégradations d’environnements spécifiques, etc. Si certains de ces stress sont difficilement réversibles, les scientifiques constatent que la résilience des écosystèmes augmente si diminue l’exposition aux facteurs de stress.

 

Ainsi, un récif corallien a plus de chances de s’adapter au réchauffement climatique si l’exposition aux autres sources de stress est limitée au maximum, soit si la zone bénéficie d’une protection maximale. Il faut donc agir sur tous les fronts et en particulier protéger au mieux les zones marines d’importance particulière pour la biodiversité. Mais que cette multiplicité de mesures n’efface pas le besoin de coordination, de dialogue et de justice.

 

Après ce sommet, il restera à œuvrer à un accord international sur la gestion des hautes mers. L’accord de Montego Bay (1982) est largement dépassé et les hautes mers, situées au-delà des juridictions nationales, sont dans les faits des zones de non droit. Gageons que le dialogue des 8000 acteurs présents à New York maintiendra la pression sur le processus diplomatique en cours.

Frédéric Rottier

Centre Avec

 

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Agenda

> 17 juillet
Présentation par la Commission Européenne de son examen annuel des développements en matière de questions sociales et d'emploi en Europe. L’édition 2017 se concentrera sur la question de l’égalité intergénérationnelle.
 
> 24 juillet
Réunion du Conseil pour les affaires économiques et financière (ECOFIN) qui rassemblera les ministres des affaires économiques et des finances des Etats membres de l’UE. Les politiques économiques de l’UE, la taxation et la réglementation des services financiers seront les principales questions à l’ordre du jour.
 
> 17-18 juillet
Réunion du Conseil pour l’agriculture et la pêche à Bruxelles. Les ministres européens en charge de la pêche et de l’agriculture y discuteront des questions relatives à leurs domaines de compétence et notamment de la sécurité alimentaire, de la santé et du bien-être animal mais aussi de la santé végétale.
 
> 31 juillet – 11 août
Fermeture annuelle du siège de la COMECE à Bruxelles.
 
> 28 – 31 août
Réunion des commissions du Parlement Européen afin de préparer le travail législatif en vue de la session plénière du Parlement.

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